• Sans titre

    Ne pas toujours se donner de hauts objectifs au cours d'une journée:
    parfois, songer à presser un pamplemousse dans la lumière douce de midi
    après avoir étoilé de menthe l'or de l'eau qui chante
    suffit.

    Géraldine Andrée

  • Sans titre

    Quand on a été amoindri par les épreuves de la vie, je sais qu'on est doué d'une force supplémentaire pour puiser le bien en chaque jour, recueillir le plaisir là où il se trouve,
    dans la conscience d'un battement de cils sous la lumière du matin,
    le galop de quelques notes de piano,
    le murmure
    d'un poème qui revient de l'enfance,
    la tiède bouchée du pain.

    Géraldine Andrée
     Journal

  • Il y a des jours comme ça...

    Il y a des jours comme ça
    où, malgré les chagrins passés,
    on se sent bien.
    Ne surtout pas se demander Pourquoi.

    Ne surtout pas se répondre Parce que.
    Pourquoi?
    Parce que les mots affaiblissent le bonheur.
    Le temps de parler, le bonheur est déjà en allé.

    La bonté du jour a toujours existé,
    parce que la lumière depuis toujours
    est dédiée
    à chaque jour levé,

    bien avant que ce simple mot
    "Bonjour"
    ne soit prononcé à notre éveil
    par nos lèvres.

    Géraldine Andrée

  • La balançoire de la Vie

    Et puis, un jour, la vie te pousse vers la Vie.
    Bien sûr, cet événement n'est pas aussi vif que la main du vent ranimant la balançoire.
    Ce sont de tout petits événements
    -le soleil qui touche chaque brindille, la danse d'une feuille de trèfle dans la lumière, un papillon échappé d'un buisson-
    qui invitent ton pas à aller un peu plus loin.
    Alors, tu te laisses guider le long du chemin te menant jusqu'à la balançoire
    sur laquelle, à loisir,
    tu peux t'asseoir
    pour prendre ton élan,
    à un certain instant,
    poussée par la main du vent.

    Géraldine Andrée

  • Le pays de mon ami

    Je suis allée en songe dans le pays de mon ami:
    j'ai suivi les ombres blondes des chemins;
    j'ai dérangé les vipères cachées sous l'or des pierres;
    j'ai entendu frissonner les orangers lorsque la brise leur a ouvert les mains;
    j'ai senti monter dans le silence l'odeur du thym;
    j'ai cueilli l'étincelle d'une aile:

    j'ai tellement cru en la réalité de cette lumière
    dans le noir sommeil de l'hiver,
    que le pays de mon ami au matin
    était devenu Mien,
    puisque j'étais venue à Lui
    le temps d'une nuit.

    Géraldine Andrée