Lettre à Dieu 13

Je te pose une question.
Et toujours ce silence où j'entends pleurer une scie lointaine, grelotter une note d'oiseau, tinter un verre vide, claquer une porte.
Je te pose une question.

Pourtant, ta réponse est en route. Elle a peut-être déjà dépassé la place de la fontaine et remonté le petit chemin où le soleil sonne aux tempes. 

Nul besoin de se précipiter pour ouvrir la grille ! Elle la franchit en survolant ses pointes de fer forgé.
Et voici, sur mon âme, ta réponse aux ailes déployées comme un papillon minime dont on ne sent pas qu'il touche l'épaule.

Ta réponse est là, timide et pourtant si évidente, que je crois qu'elle n'a pas voyagé et qu'elle a toujours habité en moi  -bien avant que je ne te pose ma question et que mon impatience ne me rende aveugle aux signes que tu m'envoyais dans le silence, comme par exemple,

le grelot
de cette note d'oiseau
qui faisait écho
dans mon verre,

juste pour rire,
pendant qu'une porte claquait quelque part
et que la scie pleurait,
très loin de moi-même...

Géraldine Andrée

Commentaires

  • Merci pour ce partage.

  • Merci à vous !

Les commentaires sont fermés.