• L'ondée de lumière




     

    Alors, la lumière tombe sur toi comme une ondée d'été.

    Elle a pour origine tous les points infinitésimaux du ciel.

    Commencent pour toi les gouttes, puis c'est le tour des jets purs.

    Ils se déposent sur tes cheveux en mille étincelles, glissent sur ton visage, tes épaules, ton dos, tes reins et éclatent de rire à tes pieds.

    La lumière t'irradie comme une averse de liberté.

    Elle emporte dans sa course patiente et douce les ailes mortes des rêves abandonnés, les insectes gris des peines, les pétales des joies fanées, les poussières des souvenirs, les cendres des instants feus, toutes les particules de ce qui n'est plus, les atomes à jamais figés, les grains de sable inutiles qui piquent les yeux.

    Mais pour les pierres qui pèsent sur ton coeur, la lumière se fait plus forte. Elle gonfle son chant à la manière d'un torrent. Elle convoque au centre d'elle-même des tourbillons secrets et irrésistibles. Elle en appelle à tous ses souffles qui dessinent autour de toi des remous. Elle fait monter ses vagues dans l'amplitude d'une brasse immense.

    Les pierres se détachent de ton coeur, emmenant avec elles des coquilles vides et sèches. Dans le courant de la lumière, elles tournoient comme de vulgaires cailloux lancés par des mains d'enfant au-dessus d'un pont.

    Puis, le chant s'amenuise ; frêle murmure redevenu dirigeant les cailloux à l'embouchure où déjà, ils disparaissent, noyés dans le Vaste Inconnu qui précède toutes les naissances.

    La toilette est faite.

    L'ondée s'arrête. 

    Il reste quelques gouttes qui achèvent leur voyage au bord de tes cils.

    Tu ne te sèches pas. 

    Tu veux sentir le souvenir de l'ondée sous le souffle du vent, garder le plus longtemps possible ces astres d'eau allumés sur ta peau et qui miroitent dans le jour

    Tu fais le premier pas.

    Et, de seconde en seconde,

    il te semble que tu t'effiles,

    que tu deviens toi-même cristalline,

    subtile et légère,

    ondée de lumière jaillie de l'Univers

    sur le monde.

     

    Texte : Géraldine Andrée ; Méditations pour la Présence

    Musique : Michel Pépé ; Myriades de lumière

  • La neige du temps

    J'enlève
    d'un souffle
    la neige
    du temps
    qui recouvre
    les choses,
    ces preuves
    que tu as vécu,
    et je retrouve
    leur éclat
    neuf
    qui me regarde
    dans toute
    ma vérité
    comme au premier
    jour
    de mon enfance.

     

    Géraldine Andrée

    Tous droits réservés@2017

  • Ecrire,

    Ecrire,
    c'est faire 
    confiance
    au pouvoir
    du silence
    qui donnera
    plus tard,
    un soir
    comme celui-ci,
    un écho
    si profond
    à tous ces mots
    qu'on l'entendra
    résonner
    longtemps
    dans la nuit
    comme 
    la voix
    de l'alpiniste
    se renforce
    dans les gorges
    muettes
    des montagnes.

     

    Géraldine Andrée